Ces gestes simples peuvent faire la différence
Octobre est le mois dédié au cancer du sein. Le mois qui nous rappelle de prendre soin de notre corps, de l'observer, d'apprendre à le connaître par des gestes concrets, une fois par mois. Affidea, spécialiste de l'imagerie de la femme, nous montre ce réflexe simple en quelques étapes, pour apprendre à remarquer les changements.
Et si la maladie est déjà entrée dans votre vie, ou dans celle d'un proche, le mois d'octobre est aussi fait pour vous.
Les gestes de l'autopalpation
Parce qu'un geste doit être vu pour devenir un réflexe, Affidea nous montre comment réaliser une autopalpation, étape par étape. Et nous aide à repérer les signes qui méritent un avis.
- Réaliser l'autopalpation à raison d'une fois par mois et également après la ménopause.
- Le moment idéal se situe entre le 2e et le 3e jour après le début des règles.
- Il suffit de soulever le bras et d'observer le sein et l'aisselle, ainsi que le pli mammaire à l'affût d'une altération visible.
- À l'aide du bout des doigts, en appliquant du gel douche ou une huile de massage, palper délicatement les seins du bas vers le haut, en partant du mamelon vers l'extérieur, en formant des cercles avec le bout des doigts.
- Examiner les seins en recherchant un signe de creux ou de nodules, de rougeurs ou d'autres changements visibles ou ressentis de la peau, ou autres modifications anormales de l'aspect des mamelons.
- Si l'un de ces symptômes est observé, il faut prendre directement contact avec son gynécologue pour une visite de contrôle.
Pour accompagner l'autopalpation, Affidea recommande d'appliquer un gel douche ou une huile de massage. Une huile végétale comme notre huile d'amande douce peut aider à faire glisser les doigts et rendre le geste plus confortable. Aujourd'hui, un tiers des cas est dépisté par autopalpation.
Source : vidéo, étapes de l'autopalpation et chiffre du tiers : Affidea, « Octobre rose - La prévention et le dépistage sauvent des vies », 3 octobre 2022.
Le cancer du sein, les hommes aussi concernés
Si la maladie touche en majorité les femmes, les hommes peuvent aussi être touchés. En Suisse, une cinquantaine de nouveaux cas sont recensés chaque année, et quatre hommes concernés sur cinq ont 60 ans ou plus au moment du diagnostic.
La sensibilisation est moins répandue chez l'homme, et les prises en charge y sont souvent plus tardives. Se connaître et remarquer un changement concerne tout le monde.
Les signes que décrit la Ligue suisse contre le cancer :
- une boule palpable, généralement indolore, ou une zone durcie, souvent près du mamelon
- une rétraction ou une autre modification, par exemple une plaie, dans la région du mamelon ou de l'aréole
- un écoulement du mamelon
- des ganglions gonflés sous l'aisselle
Un homme qui consulte sera suivi, et son parcours ressemblera à celui d'une femme : une palpation, une échographie, une mammographie si besoin, une biopsie le cas échéant.
Ce sont quelques mots à transmettre à nos pères, à nos frères, à nos amis, à nos conjoints.
Source : chiffres, signes et examens : Ligue suisse contre le cancer, « Le cancer du sein chez l'homme », mise à jour du 7 mars 2022.
Comprendre le dépistage et la mammographie
L'autopalpation nous permet de reconnaître les changements de notre corps. Le dépistage, lui, relève de la mammographie et du suivi gynécologique. Pousser la porte qui sépare les deux est souvent plus dur, alors voici quelques réponses pour aider à comprendre comment se déroule chaque acte. Les spécialistes d'Affidea nous éclairent.
Est-ce que ça fait mal ?
« Les patientes sont encore nombreuses à appréhender une mammographie, de peur de ressentir de la douleur au moment de la compression du sein, ou simplement parce qu'elles ne savent pas de quelle manière se déroule cet examen », explique Anne-Sophie Zenner, technicienne en radiologie médicale auprès du Centre d'imagerie de la femme Affidea à Sion.
La durée d'une mammographie se situe généralement entre 10 et 15 minutes, en sachant que le temps de compression ne prend que quelques secondes. Quatre images sont effectuées, à savoir deux pour chaque sein, dans deux positions différentes.
« Lors d'une mammographie, la patiente se dévêt de la taille au-dessus. Un·e technicien·ne en radiologie positionne un sein sur une plaque, parfois légèrement fraîche, et le comprime doucement avec un plateau supérieur. Cette compression, pouvant être inconfortable ou légèrement douloureuse, est essentielle pour obtenir des images de haute qualité tout en réduisant l'exposition aux rayons X. Notre rôle est crucial pour obtenir des images optimales et pour veiller au bien-être de la patiente durant l'examen. Pour rassurer les patientes, l'écoute et la compréhension sont indispensables », explique Heidi Grimaldy, technicienne en radiologie médicale auprès du Centre d'imagerie de la femme Affidea, site Hôpital Daler à Fribourg.
Combien ça coûte ?
Dans le cadre d'un programme cantonal de dépistage, la mammographie est prise en charge à 90 % par la LAMal, hors franchise. « Les 10 % restants sont à la charge des patientes, ce qui représente environ CHF 19.-, la rendant accessible à toutes », indique la Dre Laetitia Buemi, médecin spécialiste FMH en radiologie et spécialiste en radiologie sénologique et gynécologique au centre du sein Affidea Givision, à l'Hôpital Daler de Fribourg.
Est-ce que ce sera adapté à mon cas ?
Il existe trois mammographies différentes. Celle de dépistage s'effectue tous les deux ans, généralement entre 50 et 74 ans, et ce même en l'absence de tout symptôme. En Suisse, le dépistage organisé a permis en vingt ans de réduire de 20 à 40 % la mortalité liée à ce cancer. La mammographie préventive est proposée aux femmes présentant des facteurs de risque, et ce sont ces facteurs qui définissent l'âge des premiers contrôles et l'intervalle entre eux. La mammographie diagnostique, elle, est ponctuelle et motivée par l'apparition d'un signe ou d'un symptôme dans le sein.
Cette personnalisation a un objectif, que résume le Dr Arnaud Grégoire, radiologue spécialisé en imagerie de la femme au centre Affidea CDRC de Carouge : « proposer un parcours de soin adapté au profil de chaque patiente ».
Et avant 50 ans ?
Le dépistage organisé commence à 50 ans, mais la mammographie préventive existe avant cet âge pour les femmes présentant des facteurs de risque. Ce sont eux qui déterminent quand commencer. Affidea signalait en 2025 une augmentation des cas chez les femmes de moins de 40 ans.
En parler
« Il suffit simplement d'oser en parler autour de soi, avec sa mère, ses sœurs, ses cousines, ses amies ou encore ses collègues. Il n'y a pas de tabou à parler du dépistage du cancer du sein », dit la Dre Buemi.
Sources : Affidea, « Octobre Rose : dépistage du cancer du sein », 30 septembre 2024 (durée de l'examen, nombre d'images, types de mammographie, tranche d'âge, propos d'Anne-Sophie Zenner et de Heidi Grimaldy) ; « Dépistage du cancer du sein : en parler, c'est déjà sauver des vies », 3 octobre 2023 (prise en charge LAMal, montant restant à charge, propos de la Dre Laetitia Buemi) ; « Octobre rose : la densité mammaire dans le radar des radiologues pour la prévention du cancer du sein », 11 octobre 2021 (réduction de la mortalité) ; « Augmentation des cas de cancer du sein chez les femmes de moins de 40 ans », 1er octobre 2025 ; Ligue suisse contre le cancer, « Dépistage du cancer du sein » (prise en charge dans le cadre d'un programme cantonal).
Une réalité déjà présente pour beaucoup
Ce mois s'adresse souvent aux femmes pour les inciter à faire la démarche, mais il concerne aussi toutes celles qui traversent aujourd'hui cette épreuve que la maladie a mise sur leur route.
Celles à qui un traitement a peut-être changé la peau, les ongles, les cheveux, le cuir chevelu.
La peau est devenue sensible et les solutions difficiles à trouver. Il existe un guide très complet sur le sujet : « Soigner son apparence durant et après la thérapie », publié par la Ligue suisse contre le cancer et libre d'accès. Soixante-huit pages relues par des infirmières en oncologie, avec les soins de la peau et du visage, les cicatrices, les ongles, le cuir chevelu, les foulards et les perruques.
Et deux témoignages, celui d'une femme et celui d'un homme.
Parce que certains jours prendre soin de soi demande beaucoup, et que chaque petit geste peut changer le quotidien.
Source : Ligue suisse contre le cancer, « Les changements physiques ».
Merci à Affidea pour sa confiance. La vidéo, les étapes de l'autopalpation et les réponses sur la mammographie viennent de ses équipes et de ses spécialistes : Anne-Sophie Zenner, Heidi Grimaldy, la Dre Laetitia Buemi et le Dr Arnaud Grégoire. Merci également à la Ligue suisse contre le cancer, dont les publications ont servi de source à cette page.